La tradition a toujours voulu que ce don s’arrêterait à la 7ème génération.
Toutes les recherches généalogiques que j’ai entreprises pour mieux connaître nos ancêtres ont eu pour but d’arriver à identifier quel a été celui qui a eu le privilège d’accueillir ce pauvre mendiant qui devint par la suite Saint Benoît Joseph Labre.
Suzanne MARTIN
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août 2000
Sommaire
C’était, dit-on, Benoît Joseph Labre, pèlerin mendiant, qui s’en revenait d’un pèlerinage à la Sainte-Baume. Il s’enfonçait lourdement dans la neige qui tombait à lourds flocons, harassé, s’appuyant sur son coudrier, le pèlerin avançait lentement, la neige fouettait son visage ; le froid glacial passait au travers de ses vêtements usés en lambeaux.
En traversant le hameau des Bellon, il frappait aux portes des maisons, mais personne ne répondait … Allons, marche Benoît, marche ; mais tu entends bien l’aboiement d’un chien, puis encore ce bruit de clochettes, c’est celui des brebis qui bêlent … Benoît, est-ce que tu rêves ou est-ce que tu dors debout ? Marche, marche Benoît, songe que cette bastide est ta dernière retraite pour la nuit …
Allez Benoît, il faut aller de l’avant ; il faut que tu frappes à cette porte … Il le faut … Mais Benoît épuisé tombe dans la neige, au prix de quels efforts a-t-il pu siffler le chien, nul ne l’a jamais su, mais ce chien de berger a accouru, il a léché le nez du pèlerin comme pour lui dire " tu as besoin de moi, je suis là ", puis il est reparti vers la bastide de son maître, il a gratté la porte et a fait son métier de chien … Et ce pèlerin mendiant, Benoît Joseph Labre, fut transporté chez Estienne Bellon, réchauffé, nourri avec le peu que possédaient les Bellon …
Au petit jour, avant de reprendre sa route,
car elle était encore longue, Benoît Labre concéda
à Etienne, son bienfaiteur, et à sa descendance le don de
guérir, pendant sept générations, les fractures, entorses
et maux de cet ordre. " "
Extrait d’un ouvrage édité
en juillet 1917 par l’imprimeur Riccobono de Draguignan. D’après
Jean Belgrano – tiré du livre de Monsieur Maunier Henri Joseph Fortuné,
" Le Dernier des Maunier ".
Benoît
Joseph Labre est né le 26 mars 1748 à Amettes (Pas de Calais).
Il est mort le 16 avril 1783 à Rome.
Ses père et mère, Jean Baptiste Labre et Anne-Barbe Grandsire auront quinze enfants dont deux seront prêtres. Benoît Joseph est le premier né ; son père est cultivateur, sa mère mercière.
Labre signifie " lèvre " : Benoît aurait eu un ancêtre à la lèvre supérieure fendue. Cette particularité se serait transmise dans sa famille et serait encore remarquée chez Benoît Joseph.
C’est un enfant de conduite facile, pieux et obéissant, grave et pensif. Il aime la prière, la solitude, les privations, redoute la dissipation. Tout donne à penser qu’on pourra le destiner au sacerdoce.
Son oncle-parrain, qui l’a baptisé le lendemain de sa naissance, François-Joseph Labre, curé d’Erin, s’intéresse à sa naissante vocation et, vers 1760, l’emmène au presbytère d’Erin. Là, son caractère s’affirme. L’absolu des principes s’impose à se conscience. Sa foi est de celles qui soulèvent les montagnes.
Mais le petit paysan avait peu de dons pour l’étude intellectuelle et délaissait volontiers ses devoirs de latin. Son attention est peu soutenue. Est-ce que déjà des grâces de contemplation y mettaient obstacle ? C’est un grand solitaire. Il n’aspire guère à la vie apostolique et est attiré au contraire vers la prière exclusive et l’expiation.
Il fixe son choix sur la Trappe. Il vient d’avoir 17 ans. L’entrée à la Trappe lui est refusée. Il obtient alors d’entrer dans l’ordre des Chartreux. Il a alors 19 ans. C’est un échec. Il ne peut se plier au régime de la Chartreuse et veut à nouveau entrer à la Trappe de Sept Fons, mais la règle ne permet pas de le recevoir avant qu’il eut 24 ans.
Désemparé pendant 18 mois, en 1769 il part suivre une retraite à Boulogne. On lui conseille de nouveau les Chartreux. Benoît fait ses adieux à ses parents, quitte Amettes le 12 août 1769 pour ne plus y revenir. Six semaine après, il doit à nouveau quitter les Chartreux. Seule la Trappe compte pour lui ; il entreprend le trajet à pied de Normandie en Bourgogne pour entrer au monastère et prend l’habit sous le nom de frère Urbain. Six mois plus tard, malade, il doit renoncer.
Le 2 juillet 1770, il prend la direction de Rome. Désormais, il n’y aura plus d’autre essai de vie religieuse dans la vie de Benoît Labre. Il arrive à Rome en décembre 1770.
Il devient pèlerin et mendiant, à pied. Il entreprend de grands et incessants voyages avec retours à Rome.
En 1771, il quitte Rome et rentre en France en vue de gagner l’Espagne. En 1773, c’est le périple de France et d’Espagne où il atteint Saint-Jacques de Compostelle puis rentre en Italie en longeant la côte méditerranéenne.
C’est donc dans cette période (fin 1773, début 1774) que se situe son passage en Provence où il aurait logé une nuit chez les Bellon.
Il repart ensuite à Rome où il arrive en avril 1774. Il effectue encore d’autres déplacements. En 1777, il part pour Lorette (Italie) et ensuite se fixe à Rome définitivement en 1778. Il s’absente seulement une fois par an pour un pèlerinage à Lorette à Pâques. Le dernier retour à Rome se situe fin avril 1782.
Il accepte, vu sa santé chancelante, un abri stable à l’Hospice Evangélique de Saint-Martin-aux-Monts, la nuit seulement. Les visites aux églises sont l’essentielle occupation de ses journées. Rome est aussi le lieu où sa libre misère peut le mieux vivre inaperçue. Il loge dans les ruines du Colisée.
Les peintres qui travaillaient à Rome aimaient à prendre leurs modèles dans la foule des pauvres et des mendiants. Benoît Labre fut sollicité deux fois. En 1777, un peintre lyonnais, André Bley, qui cherchait un modèle pour la tête du Christ, fit choix de Benoît. Après 1783, l’étude originale de Bley fut envoyée au Carmel de Saint-Denis à la demande de Mère Thérèse de Saint-Augustin (Madame Louise de France, fille de Louis XV) et c’est ce portrait qui a été reproduit dans les gravures.
Cavalucci
prit Benoît pour modèle. Le tableau est conservé à
Rome, à la galerie Corsini.
A 35 ans, sa carcasse est ruinée. Il meurt le mercredi saint 16 avril 1783 chez le boucher Zacarelli. Son corps est transporté dans l’église de Sainte-Marie des Monts. Enivrement de toute la ville autour du cadavre. Elle proclame " le Saint est mort, le Saint est mort ". Des miracles se produisent. La foule défile devant sa dépouille. L’exceptionnel est qu’il ne s’agit que du plus misérable des pauvres. Il est enterré dans cette église sous une pierre sépulcrale de marbre.
Sa béatification date du 20 mai 1860, qui attira 40.000 personnes. Sa canonisation fut proclamée en 1881.
La maison natale de Benoît Labre à Amettes est devenue un lieu de pèlerinage ainsi que l’église de ce petit village où a lieu tous les 19 juillet une neuvaine pour commémorer la translation des reliques de Rome à Amettes (19 juillet 1860).
On l’a appelé " Le Saint Pouilleux ". Vêtu d’un manteau en loques, sans linge, il pratiquait par esprit de mortification le dédain des soins les plus nécessaires au corps (sa négligence à cet égard est devenue légendaire).
Il portait un scapulaire et un bréviaire, une corde en guise de ceinture, une gourde en bandoulière et à la main un bourdon en bois de cade au pommeau naïvement sculpté.
Ascète français, n’ayant pu devenir religieux, il mena une vie extraordinaire de pèlerin pénitent. Ce mendiant ne voulait pas mendier, mais attendre de Dieu et de la bienveillance des hommes le nécessaire.
Benoît Labre était fasciné par Jésus Christ. Il avait la grâce de l’oraison permanente. Il voulait que sa route soit solitude.
" Il voit les routes humaines faire leur jonction avec la route de Dieu ".
En 1882 est fondée à Paris
l’Association Saint Labre (78, rue de Sèvres). De cette association
découleront par la suite la formation du syndicat CFTC et de la
JOC.
(lettre de Mémé Bellon au chanoine Chaix de Fréjus en 1936 qui lui demandait des renseignements au sujet de la rencontre de Benoît Labre avec ses ancêtres).
La tradition a toujours voulu que ce don s’arrêterait à la 7ème génération.
Toutes les recherches généalogiques que j’ai entreprises pour mieux connaître nos ancêtres ont eu pour but d’arriver à identifier quel a été celui qui a eu le privilège d’accueillir ce pauvre mendiant qui devint par la suite Saint Benoît Joseph Labre.
D’après ces recherches, j’en conclus
qu’il y aurait eu 6 ou 7 générations de guérisseurs
(rebouteux) dans la lignée des Bellon.
Depuis lors, les rebouteux Bellon faisaient merveille de père en fils, d’abord à Rians, puis à Aix-en-Provence.
Vint l’heure où le sixième descendant Bellon songea à passer le flambeau à son fils Etienne, un adolescent d’une intelligence aiguë. Un disciple de Mistral s’intéressa au jeune homme et le poussa à faire ses études de médecine à Paris.
Diplôme en poche, le docteur Etienne Bellon s’en revient au pays prendre la place de son père. Rebouteux il sera, le septième, et médecin par surcroît. Mais, de cela, les sportifs de toute la province qui, le lundi, font la queue devant la maison Bellon pour se faire " remettre ", n’ont cure.
– J’ai passé bien des jours auprès de cet homme plein d’esprit, éclatant de joie de vivre, dit le docteur Maigne. Nous étions amis. Il était un des membres les plus assidus de la Société médicale d’ostéopathie ; il tentait avec passion de confronter les manipulations orthopédiques médicales à ses propres techniques reçues en héritage familial. Il me disait : " Je n’ai trouvé dans la médecine officielle aucune explication qui rende compte de la qualité de ce que je fais par les méthodes de reboutage. Mon expérience de médecin m’apporte seulement la certitude de ne jamais intervenir s’il y a contre-indication. Quand je soupçonne une fêlure, une fracture ou une tumeur, je fais des radios. "
Etienne Bellon est mort à quarante-six
ans en 1959 … sans laisser d’héritier. Comme le saint l’avait prédit.
Colloque universitaire pour le bicentenaire de sa mort par René Laurentin
Article paru dans Le Figaro du 26 avril 1983
Etrange
carrière que celle de Benoît Labre, aîné d’une
famille de quinze enfants. Ingénu et mal scolarisé, il frappe
à la porte de plusieurs monastères : chartreux et trappistes.
Il y est refusé. Alors il comprend, de l’intérieur, sa vocation,
plus déroutante. Il sera un pauvre pèlerin, un ermite itinérant
sans autre souci que l’Evangile.
Ce mendiant ne voulait pas mendier, mais attendre de Dieu et de la bienveillance des hommes le nécessaire. Ses directeurs spirituels durent lui demander de ne pas tenter le ciel jusqu’à ce point. Et lorsqu’on lui donnait plus que le nécessaire, il le donnait à d’autres mendiants. Comme tous les misérables, il faisait peur à certains. A Rome, un prêtre l’éloigna du voisinage de l’autel qu’il déparait : sa place était au fond de l’église. Il accepta.
L’excès de son austérité le fit mourir jeune, à trente-cinq ans, à Rome où il s’était rendu en pèlerinage. Il logea d’abord dans les ruines du Colisée, comme les clochards de Paris sous les ponts, jusqu’au jour d’avril où le boucher Zacarelli recueillit ce malade chancelant. Lorsqu’il s’écroule à la sortie de l’église, le 16 avril 1783, la rumeur monte aussitôt dans le petit peuple de Rome : " Il santo è morto ", le saint est mort.
La foule assiège la maison du boucher. La rumeur fait son chemin. Mais la canonisation a eu de puissants adversaires. Le cardinal de Bernis ne voulait point de ce pouilleux sur les autels. Il voyait en cette affaire un coup des jésuites. Le saint était revendiqué à l’appui des causes les plus diverses : ultramontain, puisque mort à Rome, dénonciateur des fastes romains par sa vie même … Sa béatification (20 mai 1860) attira 40.000 personnes. Le petit peuple de Rome n’avait pas oublié " le saint ". Il tomba à genoux lorsqu’on dévoila son effigie, auréolée dans la gloire du Bernin. Etrange vérification, dans un style baroque bien peu évangélique, du Magnificat : " Il a renversé les puissants de leur trône et élevé les pauvres. "
Pourquoi tant d’honneurs rendus à un maniaque, se demandait Napoléon III.
Cette sainteté paradoxale, le rayonnement de cette folie et de cette vie ratée en apparence, le sens qu’elle prit au temps de l’ " Aufklärung " et jusqu’à ce jour, tel était l’objet du colloque organisé par le professeur Y.-M. Hilaire et le Centre interdisciplinaire d’études des religions de l’Université de Lille III, à Arras (23 avril), Amettes et Berval (dimanche 24).
Le colloque a mis en lumière l’influence de Benoît Labre sur Barbey d’Aurevilly et sur les symbolistes. Paul Verlaine et Germain Nouveau, qui ont fait pèlerinage à sa maison natale, lui doivent leur première conversion. La C.F.T.C. est née des Saint-Labre, syndicat chrétien précurseur (1887-1930) qui a formé ses fondateurs : Gaston Tessier, Tiennet et Zirnheld.
Le succès de ce bicentenaire a surpris.
Les éditeurs ont dû se hâter de rééditer
les meilleurs ouvrages. Les grands travaux appelés à renouveler
l’étude de ce cas paradoxal ne viendront qu’après le colloque.
On n’a pas fini de parler de saint Benoît Labre et d’oublier crasse
et poux. L’histoire atteste qu’il se lavait et qu’on le vit s’épouiller
comme il pouvait. Mais il ne s’entêtait pas dans un combat sans issue
pour un mendiant de ce siècle. Il était condamné à
partager les poux des gîtes d’infortune. Ces revers de sa sainteté
n’ont pas éclipsé sa lumière.
Article paru en 1985 ou 1986
" Né à l’autre bout de la France à Amettes, non loin d’Arras, en 1748, il meurt à Rome le 16 avril 1783, mendiant au ventre vide, écroulé sur les marches d’une église. C’est la semaine sainte. La nouvelle se propage : " Le saint est mort ! "
Un mendiant, un clochard, pourrait-il donc être un saint ? Mais oui, car la sainteté n’est pas liée au style de vie, mais à la fidélité évangélique. Benoît-Joseph Labre n’est pas le seul clochard sur les autels ; bien avant lui St Roch avait été également reconnu comme vivante image du Christ par ses contemporains et par l’Eglise ".
" Entre Amettes et Rome, Benoît-Joseph Labre a séjourné parfois dans notre pays aixois, hébergé dans le clocher de St Jean de Malte, ou à Palette par la famille Roubaud, on trouve une grotte où il séjournait dans le Montaiguet. On sait que le fameux docteur Bellon tenait son don de rebouteux d’un passage du Saint chez un de ses arrière-grands-pères de Rians. On sait également qu’il est pour quelque chose dans le renouveau, à l’époque, du Monastère de Notre-Dame de la Seds. On connaît encore un dicton provençal qui dit de quelqu’un de très pauvre qu’il est " pauvre comme Labre ".
Ils sont nombreux, dans notre cité aixoise, à être cette année (année des sans-abri paraît-il), " pauvres comme Labre ". Si le nom de " clochard " tend à disparaître, la réalité n’en reste pas moins vive. Zonards, routards, ils sont tous de cette race d’hommes qui vont sur les routes de France et d’ailleurs et qui vivent de ce que nous voulons bien partager avec eux. Ils savent qu’au ciel, un homme est toujours avec eux, Saint Benoît-Joseph Labre.
Un autre clochard aixois célèbre, le poète Germain Nouveau fit la connaissance du pauvre Labre, grâce à Paul Verlaine. Dans " les poèmes d’Humilis ", il écrit en l’honneur de St Benoît-Joseph :
Mettant un bourdon dans sa main,
Ce saint qui ne fut qu’un pauvre homme,
Hirondelle de grand chemin.
Quelques institutions recensées sur Internet
St
Labre Indian School – Montana
Cette institution a été fondée en 1884 afin de dispenser une éducation religieuse aux populations Cheyenne et Crow de ces territoires.
www.stlabre.org
Eglise
St Benedict Labre - Vermont
Fondée en 1922
www.vermontcatholic.org/Parishes/StBenedict-WC.htm
Jeoffroy et son épouse Scocie de Rians en firent don à St Victor de Marseille en 994. Seigneurie ensuite des Vicomtes de Marseille, puis co-seigneurie des d’Artigues et des Valbelle aux 17ème et 18ème siècles.
Artigues fut détruit pendant les guerres de succession de la Reine Jeanne et sans doute déplacé. En 1600, le village se sépare de celui de Rians.
Eléments caractéristiques
du village :
Oratoire dédié à Saint Benoît Labre sur l’initiative des habitants des " Bellons " en 1994 à l’occasion du bicentenaire de son passage dans le hameau.
Il est situé au carrefour des chemins des " Bellons " et d’Artigues.
A la mort de Marie Magne, épouse de Sébastien Bellon, en 1795, leur domicile était déjà la Bastide dite des Bellons.
En avril 1825, voici l’occupation de certaines
maisons (les numéros font référence au plan cadastral
napoléonien du 7 avril 1824 ci-contre) :
Acte de vente du 25 juillet 1882
Prix de vente : 70.000 francs.
Différentes prises de vue des bâtiments de la Bérarde et de l’oratoire de Benoît Joseph Labre
au cours du 20ème
siècle .
Légende : O : naissance - + : décès – X : mariage
Né à Aix-en-Provence le 29 octobre 1912
Décédé à Aix-en-Provence le 12 mars 1959
fils de Jules Léon Bellon
et de Marie Rose Martin
Son épouse, Jeanne Charlotte Amélie Deforêt
Née le 17 mars 1912
fille de Paul Deforêt
et de Aline Roubaud (1886-1969)
Mariage célébré le 23 avril 1938 à Aix-en-Provence.
Pas d’enfant.
Etienne Bellon est docteur en médecine des Facultés de Médecine de Marseille et de Paris (spécialités : orthopédie et ostéopathie).
Il est domicilié 24 boulevard de
la République à Aix-en-Provence. Sa résidence secondaire
est la Bérarde à Rians (Var) jusqu’en 1950 environ, puis
à Eguilles, près d’Aix (Bouches du Rhône).
Article paru en mars 1959 dans Ici Paris Hebdo
Ici demeurait un des médecins les plus réputés du Midi – et un médecin pas comme les autres. Certes il possédait le diplôme délivré par la Faculté de Médecine de Paris où il avait fait de très sérieuses études jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. Mais ce qu’Etienne Bellon possédait en plus, c’était le don de rebouteux.
Les joueurs de football et de rugby, les athlètes et les acrobates accouraient à lui dès qu’il leur arrivait un accident. Sa méthode était empirique, mais adroite . Il ajoutait à ses mystérieuses qualités les connaissances scientifiques de la Faculté, qui le prémunissaient contre les erreurs auxquelles les simples rebouteux sont parfois exposés.
Sa renommée était si grande qu’il avait dû consacrer exclusivement sa journée du lundi aux blessés du dimanche sportif. Le vendredi était le jour des écoliers accidentés le jeudi.
La file des éclopés s’étendait certaines fois jusque sur le boulevard. Pourtant le médecin était expéditif. Cinq minutes lui suffisaient pour remettre en place le membre déboîté ou l’articulation luxée.
— Le nombre d’entorses, de foulures, de rotules démises, de tours de reins, de torticolis, de muscles froissés ou déchirés qu’il a pu réduire est prodigieux, m’a confié un commerçant du quartier Saint-Jean-Baptiste qui a eu recours à ses talents pour une luxation de la mâchoire survenue à la suite d’un bâillement.
" En moins de deux, c’était terminé. A moi, il avait posé ses pouces sur le menton en arrière. J’avais senti quelque chose craquer. La douleur n’avait pas duré une seconde. Mais c’était terminé. Je pouvais refermer la bouche. "
Le travail du praticien achevé, le patient stupéfait lui demandait :
— Combien vous dois-je, docteur ?
— Ce que vous pouvez.
Le consultant donnait selon ses moyens et sa reconnaissance. Un vieux paysan de Manosque a raconté tellement de fois son histoire que ses amis disent qu’il radote :
— Je vais chez Bellon, dont le père était un collègue, je n’eus même pas besoin de lui expliquer mon cas : j’étais tordu en deux et me tenais les reins … Il tripote une seconde avec ses pouces et, crac, ça y était … Je partais en courant comme " un lèbre "…
On raconte aussi l’histoire du scaphandrier grec Nicolas. Travaillant sur une épave du côté de l’Estaque, il est victime d’un tour de reins par une dizaine de mètres de fond. C’est plié en deux qu’il remonte à la surface. Pour quitter ses vêtements de scaphandrier, le malheureux hurle de douleur.
On l’amène au médecin. Quelques pressions sur la colonne vertébrale et sur les reins. Une brusque sensation de vive douleur : le scaphandrier retrouve la souplesse de ses vingt ans. Le lendemain, il redescend à son épave.
Et voilà qu’à quarante-six ans ce praticien robuste et énergique qui n’avait jamais été malade de sa vie est brutalement emporté par une hémorragie cérébrale.
Etienne Bellon avait passé la journée de la veille dans sa propriété aux environs d’Aix. Sa femme et lui avaient profité du beau temps pour planter des arbres fruitiers. C’était un sage. Il adorait la vie à la campagne. Il aimait la terre de la même façon que ses ancêtres paysans qui lui avaient transmis le don de rebouteux.
Sa mort subite et inattendue a réalisé
une curieuse prophétie de saint Benoît Labre, un ermite dont
le culte, la personnalité et la légende sont bien connus
en Provence.
Article paru le 23 septembre 1972
Extraits
Le sénateur-maire était accompagné de M. Louis Philibert, député, président du conseil général ; de MM. Reboul et Lanata, adjoints ; de Mme Marginier et MM. Gabert, Poussel, Cigneron, conseillers municipaux. La réception était donnée en présence de Mme Martinaud-Deplat et de Mme Bellon, avec leur famille et leurs amis, ainsi que de nombreuses personnalités aixoises qu’il n’est pas possible de citer toutes. Le maire a, du reste, tenu à souligner le caractère spécifiquement aixois de cette manifestation où, par les visages connus, on se trouvait ramené à une quinzaine d’années en arrière.
Qui ne se souvient du bon docteur Bellon
dont le cabinet se trouvait boulevard de la République où,
de bonne heure le matin, les patients faisaient la queue ? La maison, acquise
par la ville, est devenue maison des jeunes et de la culture. Etienne Bellon
était né le 29 octobre 1912 d’une famille originaire de Rians
(Var), mais fixée à Aix depuis deux générations.
Son grand-père et son père furent deux rebouteux renommés.
Une légende voulait que leur don fut transmis aux descendants mâles
de la famille pendant trois générations. Etienne fit ses
études de médecine à Marseille et s’installa à
Aix en 1938. On a gardé de lui le souvenir d’un homme dévoué
envers ses malades pour qui il s’oubliait lui-même. Populaire par
l’exercice de sa profession, il le fut aussi par ses activités au
syndicat d’initiative dont il fut le président en 1952. Il est mort
subitement le 12 mars 1959 d’une hémorragie cérébrale.
Né à Artigues le 19 avril 1883
Décédé à Aix-en-Provence le 24 septembre 1942
fils de Etienne Frédéric Germain Bellon
et de Baptistine Claire Lanteaume
Son épouse, Marie Rose Madeleine Martin
Née à Figanières (Var) le 16 août 1885
Décédée à Aix-en-Provence
le 18 novembre 1958
fille de Vincent Martin
et de Thérèse Martin (née ?)
Mariage célébré le 14 novembre 1908 à Figanières.
Deux enfants :
née le 26 janvier 1910,
décédée le 6 février
1947.
Jules Bellon est domicilié 11 boulevard de la République à Aix-en-Provence. Ses résidences secondaires sont : la Bérarde à Rians (Var) ; les Tilleuls au Jas de Bouffan ; le Jardin Thibault – Traverse Thibault – à Aix.
Décédé à Aix-en-Provence le 9 décembre 1923
fils de Etienne Jean Joseph Bellon
et de Victoire Marie Finaud
Son épouse, Baptistine Claire Lanteaume
Née à Artigues le 8 février 1855
Décédée à Aix-en-Provence le 11 octobre 1932
fille de Augustin Antoine Lanteaume
et de Thérèse Praxède Coquillat
Mariage célébré le 27 septembre 1875 à Artigues.
Cinq enfants (2 filles, 3 garçons) :
née à Artigues le 21 octobre
1876,
décédée à
Aix le 8 avril 1966.
Son époux, Noël Marie Bernard
Raynaud.
Mariage célébré le
23 octobre 1906.
2 enfants : Louis Raynaud et Blanche Raynaud,
épouse Michel
née à Artigues le 26 juillet
1878,
décédée à
Artigues le 6 octobre 1879.
né à Artigues le 16 ou 27
mars 1880,
décédé à Aix
le 5 juin 1904,
voulait être pharmacien.
né à Artigues le 19 avril
1883,
décédé à Aix
le 24 septembre 1942.
Il était domicilié au 11 boulevard de la République à Aix après avoir quitté Artigues, vraisemblablement aux alentours de 1900 puisque son fils Louis Marius est décédé à Aix le 5 juin 1904. Etienne Frédéric Germain a acheté la concession du cimetière d’Aix le 25 juin 1904 et y a fait construire une chapelle qui est dédiée à Saint-Louis.
Il a reçu en héritage de son père Etienne Jean Joseph la Bérarde après un partage des biens en deux avec son frère César Bellon.
Né à Artigues le 30 octobre 1808 (ou 1811)Décédé à Artigues le 14 juillet 1885
fils de Etienne Bellon (cultivateur)
et de Thérèse Foy Verne
Son épouse, Victoire Marie Finaud
Née à Artigues le 28 juillet 1825
Décédée à ?
fille de Honoré Finaud
et de Marianne Magdeleine Caroline Coquillat
Mariage célébré le 6 juin 1842 à Artigues (il s’agissait d’une seconde noce pour lui, ayant épousé en première noce Thérèse Maunier).
Deux enfants (issus de Etienne Jean Joseph Bellon et de Victoire Finaud) :
né à Artigues le 13 juillet
1850,
décédé à Aix
le ? (après 1885-1887).
Il exerce la profession de cultivateur.
Au
cimetière d’Artigues, il reste sa pierre tombale sur laquelle on
peut lire l’inscription suivante : " Ici repose dans la paix du Seigneur
Etienne Bellon décédé le 14 juillet 1885 âgé
de 74 ans regretté de tous les siens et de tous les malheureux qu’il
a soulagé et guéri. Sa mémoire comme celle du juste
sera éternelle. Priez pour lui ".
Selon Mme Magne, il n’a pas été inscrit sur les registres de l’Etat Civil de la commune. Sur le jugement établi au moment de son mariage, il est fait mention de sa sœur Marie et de son domicile : " Hameau des Bellons ".
Le premier mariage d’Etienne Jean Joseph
Bellon avait été célébré le 31 août
1836 avec Thérèse Maunier, née le 25 janvier 1818
et fille de Euzèbe Maunier et de Marie Bellon. Il a alors 27 ans
et elle 18. Thérèse est décédée le 10
mai 1841 à l’âge de 23 ans.
Décédé à Artigues le 12 août 1849
fils de Joseph Bellon
et de Thérèse Anne Coquillat
Son épouse, Thérèse Foy Verne
Née à Artigues le 4 février 1775
Décédée à Artigues le 2 juin 1838
fille de Joseph Verne
et de Catherine Bellon
Mariage célébré le 4 pluviose An 7 (23 janvier 1799) à Artigues.
Quatre enfants :
née à Artigues le 16 frimaire
An 8 (7 décembre 1799),
décédée à
Artigues le 26 décembre 1807.
née à Artigues le 29 floréal
An 12 (19 mai 1804),
décédée à
Artigues le 26 fructidor An 12 (16 septembre 1804).
née à Artigues le 20 février
1806.
Il exerce la profession de cultivateur.
Décédé à Artigues le 15 mai 1816
fils de Sébastien Bellon
et de Marie Magdeleine Magne
Son épouse, Anne Thérèse Coquillat
Née à Artigues le 10 février 1751
Décédée à Artigues le 20 mars 1808
fille de Alexandre Coquillat
et de Rose Bourillon
Mariage célébré le 9 février 1773 à Artigues.
Trois enfants :
né à Artigues le 26 décembre
1773,
décédé à Artigues
le 12 août 1849.
née à Artigues en 1783,
décédée à
Artigues le 26 janvier 1848.
Il exerce la profession de cultivateur.
Décédé à Artigues le 24 octobre 1788
fils de Jean Bellon
et de Claire Barles
Son épouse, Marie Magdeleine Magne
Née à Rians le 19 octobre 1720
Décédée à Artigues le 22 brumaire An 4 (13 novembre 1795)
fille de Jean Antoine Magne
et de Marie Anne Leth
Mariage célébré le 1er mai 1741 à Rians.
Trois enfants :
née à Artigues le 15 mai
1742.
né à Artigues le 23 octobre
1744,
décédé à Artigues
le 15 mai 1816.
Il exerce la profession de ménager.
En cette année 1774 :
Il y aurait donc bien eu 7 générations
de guérisseurs jusqu’en 1959, comme le dit la légende.
Son fils, Jules Léon Bellon (notre
grand-père), a 17 ans. Il a probablement commencé à
exercer à Aix vers 1908, date de son mariage, à l’âge
de 25 ans.
Extraits d’actes de naissance et de décès de Sébastien Bellon
20 janvier 1718 – 24 octobre 1788
le 19 octobre 1720 à Rians
Retranscrit selon le registre des Archives Départementales du Var
le 1er mai 1741 à Rians
Retranscrit selon le registre des Archives Départementales du Var
Annexes
Les éléments généalogiques
ont été recueillis auprès des sources suivantes :
Un pauvre qui trouva la joie
Agnès de la Gorce
Editions Plon – 1933 – épuisé
Lou Sant-Aloi de Broussinet
Le félibre l’Abbé Léon Spariat
Editions Sextia
Le Saint Pauvre de Jésus-Christ - Saint Benoît Labre
François Gaquère
Nouvelle édition 1964
Le Vagabond de Dieu – Saint Benoît Labre
Joseph Richard
Editions S.O.S. – 1976 – Nouvelle édition 1982
Benoît Labre, ermite pèlerin
Pierre Doyère
Editions Cerf – 1ère édition 1947 – 1964 – Nouvelle édition 1983
Saint Benoît Labre
André Dhotel
DDB
Biographie de Germain Nouveau
Maïté Dabadié
Le chemin du loup
Nicole Ciravegna
Editions Autres Temps